On était à O’sheaga, le festival canadien le plus cool de l’été

Mohamed Zalloufi pour SHIMMYA.

Du 31 juillet au 2 août, près de 90 concerts se sont succédé sur les scènes du festival O’Sheaga, au parc Jean-Drapeau de Montréal. Entre figures bien installées et nouveaux visages, la programmation a une nouvelle fois fait cohabiter plusieurs générations et esthétiques musicales. Des concerts de Blood Orange, Clipse ou Avenoir aux prestations plus confidentielles, les trois jours ont donné à voir un panorama large des scènes rap, pop, indie et R&B actuelles. Malgré une météo parfois capricieuse, le public est resté au rendez-vous tout au long du week-end. Retour en images sur une édition marquée par quelques performances très attendues, mais aussi par plusieurs découvertes.

Amber Mark représente ce mélange que j’aime entre disco, R&B et une vraie énergie pop qui arrive immédiatement à faire bouger le public. Mais ce qui m’a surtout marqué, c’est sa voix : clean, puissante et toujours très maîtrisée, même quand la production devient plus dansante. Elle arrive à garder quelque chose de très soul tout en donnant à son show une énergie presque club.
Pourquoi elle ? Pour sa capacité à faire danser tout le monde sans jamais perdre la profondeur de sa voix.

Blood Orange est la définition d’un artiste capable de rassembler une foule immense tout en gardant une identité extrêmement personnelle. Avec ce mélange de R&B, pop, soul, funk et touches plus alternatives, Dev Hynes construit un univers qui peut sembler très intime tout en fonctionnant parfaitement sur une grande scène. J’ai particulièrement aimé cette façon de laisser la musique respirer et de créer une vraie connexion collective avec le public.
Pourquoi lui ? Pour cette impression que toute la foule se retrouve réunie dans le même univers, sans que Dévonté Hynes n’ait besoin de simplifier son identité musicale.

Avenoir porte en lui une vraie ode à la soul et au R&B qu’on aime tous, avec une approche très moderne mais qui reste profondément humaine. Il y a quelque chose de chaleureux et d’intime dans sa façon de poser sa voix sur les mélodies, comme si le show nous ramenait à l’essentiel : la voix, le groove et l’émotion. C’est le genre de performance qui ne cherche pas à en faire trop et qui fonctionne justement grâce à cette sincérité.
Pourquoi lui ? Pour cette sensation d’être plongé dans un univers R&B à la fois classique et complètement actuel.

Leon Bridges fait l’étalage de la feel-good music. Son show mélange des sonorités uptempo, Motown, soul et R&B avec cette chaleur qui donne simplement envie de profiter du moment et de danser. Ce que j’aime chez lui, c’est sa capacité à reprendre des codes très classiques tout en les faisant sonner actuels et accessibles à une génération entière.
Pourquoi lui ? Pour son énergie positive qui se dégage du show : pendant quelques minutes, tu oublies tout et tu profites juste de la musique.

PartyOf2 est clairement mon coup de cœur. Leur énergie sur scène est complètement folle, mais c’est surtout leur capacité à mélanger rock, house, R&B et rap sans que ça paraisse forcé qui m’a marqué. Ce sont de vrais ovnis de la musique : deux personnalités, deux énergies et une dualité qu’ils maîtrisent à la perfection, tout en gardant une cohérence incroyable dans leur performance.
Pourquoi eux ? Pour cette imprévisibilité : tu ne sais jamais exactement où la musique va t’emmener, mais tu as envie de suivre jusqu’au bout.

Report et photos par Mohamed Zalloufi

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